De la division du corps enseignant à l'incompréhension des préparationnaires

 

 

Nous sommes leurs élèves, et témoignons de notre incompréhension. Incompréhension d’un préjugé qui prévaut à leur égard ; celui selon lequel ils seraient des privilégiés en termes de rémunération et de conditions de travail. Incompréhension de cette confrontation que motive ce décret entre enseignants aux missions sensiblement différentes. Incompréhension d’un gouvernement qui clive ces mêmes artisans de l’Education Nationale en plus de diviser les Français, au nom d’une idéologie faussement redistributrice, plutôt que de les fédérer. 

Cependant, l’intention semble louable. Valoriser la rémunération d’enseignants en prise avec les difficultés des ZEP, oui, au détriment de celle des professeurs en classes préparatoires au travail tout aussi essentiel, non. C’est se tromper de cible, c’est manquer de sincérité, c’est vouloir nous duper : ces mêmes professeurs en classes préparatoires ont été en début de carrière pour partie d’entre eux ces mêmes enseignants de ZEP. Un climat insupportable de stigmatisation s’est installé au sein même du corps enseignant. Nous sommes élèves en classes préparatoires, et ne voulons précisément pas d’un tel climat teinté d’électoralisme et de démagogie.

Ils sont professeurs en classes préparatoires, et perpétuent la tradition méritocratique de notre système républicain. Ils acceptent en outre une compétition de tous les instants, une remise à niveau permanente afin de s’adapter constamment aux exigences des jurys. Il y va de la préservation d’un fleuron culturel français, du fer de lance de l’excellence à la française. Le décret prévoit notamment une diminution du salaire des professeurs en classes préparatoires à hauteur de 2 500 à 10 000€ par an, et de ne plus déterminer les « services », variant entre huit et onze heures, selon le niveau et l’effectif de la classe. N’est-ce pas là encourager une fuite des professeurs vers le privé ? La question sous-jacente est évidemment la survie du système des classes préparatoires et des grandes écoles, d’une voie complémentaire à la formation universitaire, d’un tremplin vers la direction des institutions internationales.

Ils seront grévistes le lundi 9 décembre, et nous soutenons leurs revendications. Après tout, leur investissement est gage de notre intégration dans les grandes écoles dont le rayonnement concourt avec celui - en berne - de notre République.

Crédit Photo : Thomas Valadon | Flickr

Lundi Noir,

 

 

Les classes préparatoires en crise

 

 

Nous sommes élèves en classes préparatoires, toutes affinités politiques confondues, et ne pouvons accepter les modalités de la proposition du Ministre de l’Education, Vincent Peillon, modifiant le statut de nos professeurs tel que défini par le décret de 1950. 

 

 

 

 

 

Chronique du 29 novembre 2013 signée Nicolas Germain & Louis Barré

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