Comprendre les Français pour gouverner la France

 

 

Mais quelles sont les motivations profondes de l’ « écotaxe » : la mise en place d’une politique plus respectueuse de l’environnement ? Le besoin de recettes fiscales supplémentaires ? Un souci de respect de l’environnement ? Les recettes de l’écotaxe devraient, selon ses promoteurs, être utilisées pour réaliser des aménagements terrestres permettant la promotion de moyens de transports (essentiellement de marchandises) moins polluants. Mais il semblerait que le gouvernement choisisse bien mal son moment pour imposer cette mesure aux entreprises. 

 

La préoccupation principale des Français reste actuellement l’emploi et, par extension, le pouvoir d’achat. Si l’écologie, comme nous la propose le gouvernement, ne répond pas à ces attentes, il est nécessaire de réfléchir à d’autres mesures, adaptées à la conjoncture et non en total décalage avec la réalité. Une écologie qui taxe n’incite pas à faire des efforts : l’argent que le gouvernement prélève aux entreprises et, a fortiori, aux consommateurs est autant d’argent que ces derniers n’investiront pas dans de l’équipement individuel plus respectueux de l’environnement et donc plus onéreux.

 

 

La France dispose par ailleurs d’un excellent réseau d’autoroutes et de nationales qui lui permet d’être étroitement reliée aux régions les plus dynamiques de l’Europe – la Ruhr bien sûr, mais également le Nord de l’Italie. Quitte à penser à l’avenir, pourquoi ne pas proposer des mesures écologiques plus globales et plus profondes qu’une simple taxe marginale qui nuirait au bon fonctionnement de ces échanges ? Pourquoi ne pas penser ces mesures à l’échelle européenne ?

 

 

La ponction fiscale de trop ?

 

 

L’écotaxe pourrait rapporter jusqu’à 1,15 milliards d’euros par an, une manne financière dont l’État français ne peut plus se passer face à un déficit abyssal. Mais ces recettes ne sont pas censées gonfler les caisses du trésor public sinon, comme l’a annoncé le gouvernement, être directement réinvesties comme précisé plus haut. En pleine crise de l’emploi, l’écotaxe provoque une hausse des dépenses industrielles qui sera répercutées soit sur les salaires, soit sur les prix. La conséquence immédiate d’une taxation des transports routiers est donc la chute de compétitivité des régions excentrées économiquement actives.

 

Est-il alors bien nécessaire, au nom d’un hypothétique aménagement du territoire, de risquer les emplois de ces régions périphériques, quand l’État est à court de liquidités, incapable de proposer des emplois à plus de 3,2 millions de personnes ? Son impact serait, toujours selon les sources gouvernementales « très peu perceptible ». Économiquement en tout cas. Car pour les bénéficiaires du plan routier breton (De Gaulle, 1960), cette taxe a de fortes répercussions psychologiques. Le gouvernement perd ici de sa crédibilité et se doit de réagir : menacer le contribuable d’un nouvel impôt puis reculer devant la fronde est relativement peu propice à l’émergence d’un climat de confiance, essentiel à la reprise économique. Pour l’écotaxe, comme pour de nombreuses taxes dont nos entreprises doivent s’acquitter, on croirait que la création de richesse n’est pas toujours une priorité. Elle est pourtant source de croissance.

 

 

Question de timing

 

 

Une telle taxe a en conséquence difficilement sa place dans le climat d’instabilité actuel. Avant toute chose, le gouvernement doit se pencher sur les enjeux qui concernent les Français, les fédèrent, mais se doit également de les pousser à entreprendre selon une logique de « management environnemental ».

Crédit Photo : Érika 29 | Flickr

Les paradoxes

 

 

De l'écotaxe

 

 

Le gouvernement souhaite aujourd’hui mettre en place l’ « écotaxe », dernière née d’une série ponctions fiscales, qui viendrait cette fois-ci s’appliquer au transport routier, lequel constitue une des principales sources de pollution. Pour les régions excentrées, ce prélèvement est néanmoins de trop et pénalise des entreprises contraintes de céder des parts de marché. Nombreux seraient les secteurs affectés par cette mesure, parmi lesquels l’agroalimentaire, déjà affaibli par la crise économique. 

 

 

Chronique du 17 novembre 2013 signée Thibault Lemonnier & Louis Barré

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